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La Passion
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Passion et affectivité
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On ne décide pas d’être passionné : on « tombe amoureux », dit le langage populaire, métaphore d’une chute vécue plutôt comme un envol… L’étymologie révèle cette passivité du sujet qui, pris par une passion, subit un état lié à une souffrance, un bouleversement de son affectivité, de sa pensée et de ses actes.
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Tendance polymorphe (=qui présente plusieurs formes)
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La passion, comme tendance durable et exclusive, agit sur la totalité de l’existence, privée et sociale. Elle peut survenir brusquement ou de façon insidieuse et progressive. Ce bouleversement de l’âme polarise tout sur l’objet de la passion (être aimé, jeu, etc…). Et les objets sont multiples, les passions polymorphes.
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Passion et destin
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Paradoxalement, ce caractère involontaire est vécu comme le signe d’une élection : touché par le destin, le passionné se distingue des autres. Sa passion s’offre comme une vocation. Sa vision du monde, des autres et de lui-même change. Il s’ouvre sur l’absolu, le parfait, le pur, l’éternel. Son visage, ses gestes, sa fougue, tout indique qu’il est soulevé par un enthousiasme d’autant plus grand que sa passion est forte.
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Passion et finitude
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Mais en même temps, il est inquiet, soufrant, insatisfait, voire torturé. C’est que la réalité ne peut jamais combler son attente. Il est pris entre une réalité limitée et une passion qui exige qu’il brise les limites de la finitude.
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Passion et bonheur
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Mais à l’entendre, ce qu’il vit est passionnant, même s’il ne parvient pas à bien exprimer le caractère exceptionnel de son vécu, indicible. Il est « ailleurs ». Son expérience est exaltante. En ce sens, la passion libère le sujet des contraintes de la plate réalité, donnant à celle-ci un relief extraordinaire. Un bonheur suprême ne serait-il pas atteint si nous pouvions vivre cette passion ?